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Appel national à une rétention des notes du baccalauréat

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Appel lancé par des enseignant.e.s de philosophie des académies d’Orléans-Tours et de Nice. Si vous souhaitez participer à la rétention des notes du baccalauréat pour la session 2018, nous vous invitons à remplir le formulaire créé à cet effet sur Framaforms.

[EDIT] Mercredi 27 juin : pour le moment des enseignantes et enseignants de philosophie, mathématiques, svt, lettres, et d’anglais travaillant dans les académies de Versailles, Clermont-Ferrand, Aix-Marseille, Créteil, Gironde, Poitiers, Grenoble, Paris, Lyon, Montpellier et Rennes se sont déclaré.e.s prêt.e.s, en s’inscrivant sur le formulaire, à procéder à une rétention de notes. Pour information, le SNES a déposé un préavis de grève à compter du 30 juin, afin de couvrir les retards (pour cause de surcharge de travail et/ou de protestations académiques). Les correctrices et correcteurs qui procèderont à une rétention de notes ne pourront donc pas être pénalisé.e.s par leur administration, si ce n’est pas une retenue de salaire sur les jours de rétention de notes.
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Nous, enseignantes et enseignants du secondaire, correctrices et correcteurs du baccalauréat prenons acte de la gravité de la situation actuelle dans l’enseignement secondaire et à l’Université.

Les réformes de l’enseignement et des modes d’évaluation prévues pour le Lycée ne sont qu’une extension sans complexe de la sélection et modifient profondément le sens de notre enseignement, et cela sous couvert de le « muscler ». Ainsi l’enseignement de plusieurs disciplines se trouve tout simplement saccagé malgré les déclarations de bonnes intentions. La réforme du bac Blanquer, prévue pour la rentrée 2021, supprimerait les séries au Lycée et avec elles le caractère national du diplôme, entraînant une mise en concurrence des lycées, sans pour autant favoriser l’acquisition d’une solide culture du fait de la réduction du volume horaire accordé aux spécialités en terminale. Sa mise en œuvre accroîtrait encore davantage les inégalités, en ouvrant la porte à une personnalisation et à une différenciation des programmes et des parcours. La réforme du lycée détériorerait par ailleurs fortement les conditions d’étude et de travail, car elle entraînerait l’obligation d’un choix d’orientation précoce et prématuré, un accroissement du nombre d’élèves par classe (jusqu’à 35 élèves selon les séries et les établissements scolaires), multiplierait les évaluations locales en cours d’année pour le bac (une vingtaine sur deux ans), etc. Le contrôle continu, tel qu’il est pensé, ne garantirait nullement une plus grande assiduité, ni une plus grande implication, ni un meilleur niveau scolaire de nos élèves, comme le confirme l’exemple de l’enseignement professionnel. La logique « d’autonomie » avancée est aussi celle des restrictions budgétaires, de la pression managériale et de la privatisation en lien étroit avec les exigences économiques locales, comme cela est patent depuis des années à l’Université qui subit de plein fouet les conséquences de la loi LRU.

La réforme des concours de l’enseignement, qui sera annoncée très bientôt, avec la suppression du statut de fonctionnaire stagiaire, prépare la disparition du statut de fonctionnaire, prévu par le plan CAP 2022.

La mise en œuvre de Parcoursup, en application de la loi ORE (Orientation et Réussite des Étudiants), confirme toutes les craintes que l’on pouvait avoir. Ce nouveau système d’orientation  post-bac aggrave considérablement la sélection sociale et territoriale dans l’accès à l’enseignement supérieur. Dans les banlieues et les zones périphériques, ce sont 30%, 50% des élèves d’une classe d’âge et parfois plus qui vont passer le bac sans avoir obtenu une seule réponse positive, même sur un « vœu de secours », frappant ainsi de plein fouet nos élèves les plus fragiles  – les effets de ce dispositif de sélection étant de plus très inégaux selon les filières de bac et les lycées. Or, cette situation s’explique d’abord par l’austérité : un nombre insuffisant de places dans l’enseignement supérieur pour faire face au baby-boom des années 2000, avec notamment un manque d’au moins 40 000 places dans les universités. On aurait pu choisir d’augmenter les moyens matériels et financiers. Mais non ! On a préféré sélectionner les élèves aux profils scolaires supposés, sans aucune justification, les plus « adaptés ». Dans le même temps, cela favorise l’enseignement privé, donc payant, poussant les familles à s’endetter pour offrir des études dignes de ce nom à leurs enfants. Enfin, en dévalorisant le bac, diplôme devenu sans valeur, la réforme les incite à se détourner de sa préparation.

Face aux différentes formes de contestations de ces projets et réformes, l’unique réponse a été celle de la répression brutale et arbitraire, qui s’est abattue sur les lycéennes et lycéens et les étudiantes et étudiants mobilisé.e.s contre la sélection à l’Université.

Par conséquent, nous exigeons l’abandon de la réforme du Lycée telle qu’elle est envisagée actuellement par le gouvernement, ainsi que le retrait de la loi ORE. Conscient.e.s de la nécessité de repenser notre système d’éducation et nos pratiques d’enseignement, nous nous opposons cependant à tout projet qui contreviendrait aux ambitions propres au service public d’enseignement et qui prétendrait pouvoir faire l’économie d’une véritable concertation avec l’ensemble du corps enseignant.

Nous procéderons pour cette raison à une rétention des notes du baccalauréat, pour une durée de 24 heures reconductible.

Si vous souhaitez participer à la rétention des notes du baccalauréat pour la session 2018, nous vous invitons à remplir le formulaire créé à cet effet sur Framaforms. Vos données personnelles (prénom, nom, adresse mail) ne seront pas rendues publiques sans votre accord. Par ailleurs, l’inscription via ce formulaire ne vaut pas engagement : il s’agit d’abord de recenser le nombre de correctrices et correcteurs prêt.e.s à s’engager dans une telle action.
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Contact (notamment en cas de problème technique) : educationidfenlutte@gmail.com

 

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